Interview - Guillaume DELACROIX, Correspondant de MEDIAPART

Guillaume Delacroix s’est installé à Bombay en septembre 2013 comme correspondant de Vanity Fair. Depuis décembre 2014, il est correspondant de Mediapart. Il couvre l’actualité du territoire indien avec intérêt et présente ses sujets de façon synthétique.

- Quand êtes-vous arrivé en Inde et dans quelles conditions ?

Il y avait des années que je rêvais de venir vivre en Inde et quelques mois après être venu en repérage à Bombay, je suis venu m’y installer en septembre 2013. A l’époque, les médias français s’intéressaient très peu à ce pays, sinon pour son folklore. J’ai fait le pari qu’en leur proposant des sujets nouveaux et originaux, je pourrais trouver ma place en tant que journaliste et raconter l’Inde telle qu’elle est aujourd’hui.

- Qu’êtes-vous venu y chercher ?

Auparavant j’étais correspondant à Rome et je crois que j’étais attiré par ce que je considère comme "l’Italie de l’Asie". Dans une certaine mesure, c’est ainsi que je vois l’Inde : un pays où il fait bon vivre, dans une ville, Bombay, où il fait beau neuf mois sur douze, où les gens sont souriants, sensibles, ouverts et... obsédés par la gastronomie. J’ai pensé qu’en m’installant ici pour plusieurs années, j’arriverais peut-être à comprendre l’immense culture de l’Inde, son histoire, les débats qui la traversent et la vision qu’elle a de sa place dans le monde.

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- Quel est le quotidien d’un journaliste français basé en Inde ?

La journée commence par la lecture de la presse locale anglophone. Je lis six quotidiens, quatre hebdomadaires et un mensuel avec une régularité de métronome. Mais ce n’est pas tout, car je couvre toute l’Asie du Sud et dois également suivre ce qui se passe au Pakistan, en Afghanistan, au Népal, au Bangladesh et au Sri Lanka. J’ai ainsi découvert des sites d’information en ligne d’excellente qualité et très indépendants d’esprit. Mon travail consiste aussi, et même surtout, à aller à la rencontre des gens. Responsables politiques, chercheurs, universitaires, chefs d’entreprise, dirigeants syndicaux, écrivains, artistes, sociologues, hommes et femmes de la rue... Les interviews sont au coeur du métier de journaliste. Elles nourrissent les reportages que je réalise sur le terrain et qui m’amènent à voyager partout dans le pays.

- Si vous aviez un conseil à donner à un Français de passage à Bombay…

Ne pas se laisser impressionner par la cacophonie des klaxons et les odeurs parfois étranges qui flottent dans l’air, ne pas se laisser décourager par les temps de transport. Bombay est une ville qui nécessite du temps pour se dévoiler et se faire aimer. Ses secrets sont bien cachés et sa visite s’apparente toujours à une chasse au trésor. Deux ans après mon arrivée, je continue de découvrir, chaque semaine, des lieux incroyables. Quand on a le temps pour soi, c’est comme une ivresse. Et l’enchantement est garanti.

- Quels sont vos projets, vos envies ?

L’Inde est un pays si vaste, à tous points de vue, que j’espère rester très longtemps pour tenter d’en faire le tour. C’est une ambition naturellement irréalisable mais je suis gourmand et je sais, depuis le premier jour, que je ne serai jamais rassasié.

Dernière modification le 24/09/2015

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