Journée internationale de la femme - le 8 mars

Célébrée chaque année le 8 Mars, le thème de la Journée internationale de la femme 2014 est : « L’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour toutes et tous » .

Pour cette occasion, le Consulat général de France à Bombay a décidé de mettre à l’honneur deux femmes vivant à Bombay, ayant des parcours et des activités différents, mais animées par la même envie d’être utile et d’aider.

1. Une femme française humanitaire à Bombay

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Claire Elouard, titulaire d’un PHD en écologie, travaille depuis 2004 pour et avec une ONG indienne, Sukh Bhumi India Trust (http://sukhbhumi.org), dans le nord-est de Bombay, dans le district de Thane, à Vada, où coule la rivière Tansa et où se trouve le lac Tansa.

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Dans cette région, 60% des personnes sont illettrées. L’ONG leur apporte un soutien dans l’obtention de micro-crédits (27 groupes aujourd’hui, avec 216 femmes et 114 hommes).

L’ONG travaille à la réhabilitation de l’environnement (le lac Tansa fournit 14% de l’eau de Bombay) en impliquant les populations locales selon 4 grands axes : la gestion de l’eau et la collecte des eaux de pluie, l’éducation agricole (les paysans tribaux sont originellement une population de nomades obligés de se sédentariser), la plantation d’arbres et l’éducation environnementale. L’ONG compte 10 personnes, dont 9 Marathis.

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Leur programme touche 860 enfants du CP a la cinquieme et 800 familles. Les enfants, en fin de primaire, apprennent à faire des composts que ceux de l’année supérieure vont utiliser pour le potager de l’école, mais aussi le leur, souvent 10 fois plus grand que le minimum imposé. Et tout le monde s’y met, les mères, les pères… et utilise pesticides et engrais bio. Le potager sert pour la famille mais aussi pour revendre le surplus au marché et ainsi, pour la première fois, les femmes gagnent un peu d’argent, ce qui ressemble à une petite révolution.

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Le 15 mars, ces femmes vont célébrer la journée des femmes, dans un village du Taluka Wada, pas très loin de Vajreshwari et des sources d’eau chaude d’Akloli, en jouant de petites pièces de théâtre, qu’elles ont écrites, où elles abordent les problèmes de leur quotidien : alcoolisme de leur mari (85% des hommes sont alcooliques, ce qui s’accompagne de violences conjugales, de vol d’argent etc.), sida, les problèmes liés à l’eau, aux maladies et aux « docteurs » plus ou moins charlatans…

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Pour ces femmes, la vie reste difficile mais avec ces initiatives, peu à peu elles prennent confiance en elles, gagnent de l’autonomie (le téléphone mobile est apparu depuis 5 ans dans leur vie, elles communiquent entre elles et cela change peu à peu leur quotidien).
Claire Elouard a une vision optimiste de l’avenir pour ces femmes. Elles semblent vouloir prendre leur destin en main : ainsi, l’éducation au potager touchait 250 femmes il y a 2 ans, 500 en 2013 et 720 cette année.

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Sukh Bhumi India Trust

2. Une femme indienne ambassadrice de la langue et de la culture françaises et chef dynamique du département de française de Ruia College.

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Vasumathi Badrinathan est titulaire d’un doctorat de l’Université de Lille en didactique. Elle est internationalement reconnue comme experte dans le domaine de l’enseignement du français langue étrangère. Elle a à son actif de nombreuses publications. Elle est par ailleurs une artiste confirmée, récipiendaire de plusieurs récompenses indiennes, pour sa contribution à perpétuer le chant Carnatic (style chanté du sud de l’Inde). Elle s’est produite dans de nombreux festivals prestigieux du monde, y compris le Festival international des musiques Sacrées de Fès, Maroc, Festival international des musiques du monde, Azerbaïdjan, le festival du Nouvel An, l’île de la Réunion.

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- Le département de français de Ruia College

Le département de français de Ruia College est un des plus anciens à Bombay. Fondé en 1937, ce département a constamment défendu la cause de la promotion de la langue et de la littérature françaises. En 2009, alors qu’il était menacé de fermeture, il a été confié à Vasumathi Badrinathan. Aujourd’hui, il compte plus de 110 étudiants en licence. Plusieurs de ses anciens élèves étudient actuellement en France. Le département de français de Ruia College est un des plus dynamiques et prestigieux du pays.

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Pendant l’année universitaire, le département organise des séminaires, des conférences (sur place et virtuelles), des programmes de formation d’enseignants, de multiples activités impliquant ses étudiants. En 2011, le Département de français a organisé une conférence bilingue internationale en français et en anglais, « Autonomie de l’enseignant et de l’apprenant dans les pratiques éducatives : Regards sur l’enseignement-apprentissage des langues et au-delà », réunissant des experts de plusieurs pays. Ce fut la première conférence internationale à être organisée par le Ruia College en 75 ans.

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- Projets d’avenir du département

Le département souhaiterait vivement lancer des projets de coopération avec des universités étrangères dont françaises afin d’étendre ses horizons. A l’avenir, le département souhaite offrir des diplômes en co-tutelle avec des partenaires étrangers. Il propose aussi de développer la recherche en didactique auprès des étudiants et d’approfondir ses programmes de formation des enseignants.

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- Avis de Mme Badrinathan vis-à-vis le statut des femmes en Inde

C’est paradoxal de parler du statut de la femme indienne car la femme en Inde, avait, depuis la nuit des temps, occupée une place prestigieuse en Inde. Des examples d’ artistes, d’écrivains, de musiciennes, de saintes vénérées, abondent dans l’histoire et la tradition indiennes. Malheureusement, au cours des générations, cette situation s’est dégradée et aujourd’hui on est souvent appelé à s’interroger sur le statut de la femme.

Depuis deux décennies, je vois des changements radicaux en Inde, vis-à-vis du statut des femmes en Inde, notamment dans les zones urbaines. Elles sont courageuses, autonomes, exercent des métiers autrefois réservés aux hommes. Je suis moi -même étonnée et contente de cette évolution impressionnante. Les régions rurales ne me sont pas inconnues et malheureusement, dans ces endroits, la femme continue à rester soumise, opprimée, souvent sans voix.

En tout cas, zone urbaine ou rurale, il y a du travail à faire, par rapport à la mentalité vis-à-vis des femmes ; car malgré leur émancipation partielle, la violence et la discrimination perdurent . J’espère que dans les années à venir, cette situation changera aussi.

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Concert au Festival international des musiques sacrées, Fès, Maroc - JPEG

Dernière modification le 04/07/2014

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